Quand Lou, étudiante en biologie à l’université de Montpellier, a choisi sa destination Erasmus, ses amis ont cru à une blague. Alors que la plupart partaient en Espagne ou en Italie, elle a choisi Rovaniemi, en Laponie finlandaise, juste au niveau du cercle polaire. « Je voulais étudier les écosystèmes arctiques. Et je voulais vivre quelque chose de vraiment différent. »
Elle est arrivée début janvier. Le choc a été immédiat : moins vingt-huit degrés à la sortie de l’avion, et à peine quatre heures de jour. Le soleil se levait vers dix heures et demie et disparaissait avant quinze heures. Les premières semaines, Lou dormait beaucoup et se sentait sans énergie. Une camarade finlandaise lui a conseillé de prendre de la vitamine D et d’utiliser une lampe de luminothérapie le matin.
Elle a vite appris à s’habiller « en oignon » : plusieurs couches de vêtements, une bonne doudoune, un bonnet et des bottes fourrées. Elle a aussi découvert que les Finlandais ne restent pas chez eux en hiver. Ils font du ski de fond, patinent sur les lacs gelés et vont au sauna, puis se roulent dans la neige. Lou a essayé : « Le choc thermique est incroyable. On se sent vivant comme jamais. »
À l’université, le système l’a surprise. Les groupes sont petits, les professeurs se font appeler par leur prénom et on travaille beaucoup en autonomie. Elle a participé à des sorties sur le terrain pour observer les rennes et étudier la fonte du pergélisol.
Les Finlandais ont la réputation d’être réservés, et c’est vrai au début. Mais une fois la glace brisée, Lou a trouvé des amis fidèles. Le plus beau souvenir de son séjour reste une nuit de février, quand une aurore boréale verte et violette a dansé au-dessus de la forêt pendant une heure.
En mai, elle a vécu l’inverse de l’hiver : le soleil ne se couchait presque plus. Rentrée en France, Lou a une certitude : elle reviendra faire son master là-bas.