Un dimanche soir, la fille de Céline, Lina, sept ans, s’est mise à tousser et à avoir de la fièvre. Le lundi matin, Céline a appelé le cabinet médical de son village, près de Vierzon. Pas de rendez-vous avant dix jours : son médecin traitant partait en retraite, et personne ne le remplaçait. Les urgences de l’hôpital se trouvaient à quarante minutes de route. Une collègue lui a alors parlé de la téléconsultation.
Céline a téléchargé une application et créé un compte avec sa carte Vitale. Trois heures plus tard, elle était en ligne avec une pédiatre, depuis le salon. « J’étais sceptique. Je me demandais comment un médecin pouvait examiner un enfant à travers un écran. »
La consultation a duré quinze minutes. La pédiatre a posé beaucoup de questions précises : depuis quand dure la fièvre, à combien de degrés, est-ce que Lina mange, boit, respire normalement ? Elle a demandé à Céline de tourner la caméra vers la gorge de sa fille, avec la lampe du téléphone, et de lui faire respirer profondément. Elle a diagnostiqué une angine virale et envoyé une ordonnance électronique pour du paracétamol, directement à la pharmacie. Elle a aussi précisé quand il faudrait consulter en urgence : si la fièvre durait plus de trois jours ou si Lina avait du mal à respirer.
La consultation a été remboursée par la Sécurité sociale, comme une consultation normale. Lina allait mieux deux jours plus tard.
Depuis, Céline utilise la téléconsultation pour les petits problèmes : un renouvellement d’ordonnance, une conjonctivite, un conseil. Mais elle en connaît les limites. Un médecin ne peut pas écouter les poumons, palper un ventre ou prendre la tension à distance. Et pour les personnes âgées qui ne maîtrisent pas Internet, ce n’est pas une solution.
Pour Céline, la téléconsultation ne remplace pas un vrai médecin de famille, qu’elle cherche toujours. « C’est une rustine. Utile, mais le vrai problème, c’est qu’il n’y a plus assez de médecins dans les campagnes. »