Le GR10 traverse toutes les Pyrénées, de l’Atlantique à la Méditerranée, sur près de neuf cents kilomètres. Cet été, Baptiste et sa sœur Margaux, vingt-six et vingt-neuf ans, ont décidé d’en parcourir une partie : quinze jours de marche entre Cauterets et Luchon, en passant de refuge en refuge.
La préparation a pris des mois. Ils se sont entraînés le week-end avec des sacs chargés, ont acheté de bonnes chaussures et les ont portées longtemps pour les assouplir. Le plus difficile a été de choisir ce qu’ils emportaient. Chaque gramme compte quand on porte son sac huit heures par jour. Au final, ils sont partis avec onze kilos chacun : un duvet, des vêtements de pluie, une trousse de secours, une carte et une lampe frontale.
Les premiers jours ont été durs. Le chemin enchaîne les montées et les descentes, souvent plus de mille mètres de dénivelé par jour. Margaux a eu des ampoules aux pieds dès le deuxième jour. Le troisième jour, ils ont été surpris par un orage sur un col et ont dû redescendre en vitesse. « On a eu vraiment peur. On a appris à partir tôt le matin, avant les orages de l’après-midi. »
Peu à peu, leur corps s’est habitué. Ils ont pris un rythme : réveil à six heures, départ à sept, arrivée au refuge vers quinze heures, douche froide, repas partagé avec d’autres randonneurs. Ils ont rencontré un couple de Néerlandais qui faisait tout le GR10 en deux mois, et un berger qui leur a vendu du fromage de brebis.
Les paysages les ont récompensés de chaque effort : des lacs de montagne, des vautours qui tournaient au-dessus des crêtes, des isards sur les rochers, et des nuits étoilées incroyables.
En arrivant à Luchon, épuisés et bronzés, ils ont fait le bilan : deux cent dix kilomètres, deux paires de chaussettes trouées et une complicité retrouvée. « On ne s’était jamais autant parlé depuis l’enfance, dit Baptiste. L’année prochaine, on fait la suite jusqu’à la Méditerranée. »