En juin, un orage violent a frappé Angers. En une heure, il est tombé autant de pluie qu’en un mois. Le lendemain matin, Patrick, cinquante-huit ans, est descendu dans la cave de sa maison et a découvert trente centimètres d’eau. Le congélateur, la machine à laver, des cartons de livres et ses outils de bricolage flottaient dans une eau boueuse.
Il a d’abord pompé l’eau, pris des photos de tous les dégâts et appelé son assurance habitation pour déclarer le sinistre. Il était plutôt confiant : il payait son contrat depuis vingt ans et n’avait jamais rien demandé. Un expert est passé une semaine plus tard pour évaluer les dommages, estimés à quatre mille deux cents euros.
Trois semaines après, la lettre de l’assurance est arrivée. Refus d’indemnisation. Selon l’assureur, l’eau ne venait pas de l’orage lui-même, mais d’une remontée d’eau par les canalisations, et son contrat ne couvrait pas ce type de dégât. De plus, la cave n’était pas considérée comme une pièce d’habitation. Patrick était furieux. « Vingt ans de cotisations pour rien ! »
Au lieu d’abandonner, il a relu son contrat attentivement. Il a découvert une clause sur les catastrophes naturelles. Il a aussi appris que la mairie avait demandé la reconnaissance officielle de catastrophe naturelle pour l’orage. Quand l’arrêté a été publié au Journal officiel, deux mois plus tard, la situation a changé : dans ce cas, les assurances doivent indemniser les dégâts causés par l’événement.
Patrick a envoyé une nouvelle réclamation en lettre recommandée, avec l’arrêté et les photos. Comme l’assurance tardait à répondre, il a saisi le médiateur de l’assurance, un service gratuit qui aide à régler les conflits sans aller au tribunal.
Finalement, l’assureur a accepté de payer trois mille huit cents euros, après déduction de la franchise. Patrick a remplacé son congélateur et installé un clapet anti-retour sur les canalisations. « La leçon ? Il faut lire son contrat avant d’en avoir besoin. Et ne jamais accepter un premier non. »