À vingt-trois ans, Clément vient de décrocher son premier CDI comme technicien dans une usine aéronautique près de Toulouse. Il est temps de quitter la colocation étudiante et de louer un appartement à son nom. Après trois semaines de recherche, il a trouvé un deux-pièces de quarante mètres carrés à Blagnac, pour six cent cinquante euros charges comprises. Le rendez-vous pour la signature du bail est fixé un jeudi soir à l’agence.
Avant de signer, son père lui a donné un conseil : « Lis tout, même ce qui est écrit en petit. » Clément a donc demandé à recevoir le contrat la veille. Il a vérifié plusieurs points importants. La durée du bail : trois ans pour un logement vide, avec la possibilité de partir avant en respectant un préavis d’un mois, car Toulouse se trouve en zone tendue. Le montant du dépôt de garantie : un mois de loyer hors charges. Et la répartition des réparations entre lui et le propriétaire.
Côté documents, l’agence lui avait demandé beaucoup de choses : pièce d’identité, contrat de travail, trois derniers bulletins de salaire et une caution. Comme son salaire était encore un peu juste, ses parents se sont portés garants. Clément a aussi dû souscrire une assurance habitation, obligatoire pour les locataires, et en donner l’attestation le jour de la signature.
Le plus important, selon l’agent immobilier, c’est l’état des lieux d’entrée. Pendant une heure, Clément a fait le tour de l’appartement avec lui. Ils ont noté chaque détail : une rayure sur le parquet, un joint de douche abîmé, une prise qui ne fonctionnait pas. Clément a pris des photos de tout. « Le jour où vous partirez, on comparera avec ce document. S’il n’y a rien dessus, ce sera à vous de payer. »
À vingt heures, Clément est ressorti de l’agence avec un trousseau de clés et un dossier bien épais. Le premier soir, il a dormi sur un matelas par terre, au milieu des cartons. « Je n’avais même pas de rideaux, mais j’étais chez moi. »