Pour fêter ses trente ans, Camille a proposé à trois amis un week-end un peu particulier : deux nuits dans un refuge de montagne, dans les Pyrénées, à deux mille cent mètres d’altitude. Pas d’électricité, pas de réseau téléphonique, pas de douche chaude. « J’avais besoin de déconnecter vraiment », explique-t-elle. Ses amis, tous très urbains, ont accepté avec un peu d’inquiétude.
Le samedi matin, ils ont laissé la voiture au parking du lac d’Oô et ont commencé la montée. Trois heures et demie de marche, avec un sac de dix kilos sur le dos. Le chemin était raide et rocailleux. Antoine, qui ne faisait jamais de sport, s’arrêtait toutes les vingt minutes pour reprendre son souffle. Mais le paysage les récompensait : des cascades, des lacs d’un bleu incroyable et des marmottes qui sifflaient sur les rochers.
Le refuge était une petite construction en pierre, gardée l’été par un couple de montagnards. Il y avait un dortoir de vingt lits, une grande salle avec un poêle à bois et des toilettes sèches à l’extérieur. L’eau venait d’une source. Le soir, la lumière provenait de lampes frontales et de quelques bougies. Le repas, une soupe de légumes et un plat de lentilles aux saucisses, a été servi à tous les randonneurs autour d’une grande table. Ils ont parlé avec des Espagnols, un couple de retraités belges et un groupe d’étudiants toulousains.
La première nuit a été difficile. Le dortoir était froid, quelqu’un ronflait, et Lucie s’est réveillée trois fois pour sortir aux toilettes dans le noir. Mais en sortant à trois heures du matin, elle a levé les yeux et elle a vu un ciel rempli d’étoiles comme elle n’en avait jamais vu. Sans pollution lumineuse, on distinguait même la Voie lactée.
Le dimanche, ils sont montés jusqu’à un col à deux mille sept cents mètres. Ils ont pique-niqué face aux sommets enneigés, dans un silence total. Personne n’a pensé à son téléphone, de toute façon inutile.
En redescendant le lundi, Antoine, épuisé mais ravi, a résumé l’avis de tous : « J’ai eu froid, j’ai mal partout, et j’ai mangé des lentilles deux fois. Mais c’était le meilleur week-end de ma vie. »