En novembre, Laura, vingt-six ans, cherchait un cadeau de Noël pour son frère : une paire de baskets d’une marque connue, qui coûtait habituellement cent soixante euros. En faisant défiler les réseaux sociaux, elle a vu une publicité : « Destockage exceptionnel ! Moins 70 % sur toute la collection. » Le lien menait vers un site très professionnel, avec de belles photos, le logo de la marque et des avis de clients enthousiastes. Les baskets étaient affichées à quarante-neuf euros.
Laura a hésité quelques secondes, puis elle a commandé. Elle a payé par carte bancaire. Elle a reçu un e-mail de confirmation avec un numéro de commande, et elle était très contente de sa bonne affaire.
Deux semaines plus tard, rien n’était arrivé. Le lien de suivi ne fonctionnait pas. Laura a écrit au service client : pas de réponse. Elle a voulu retourner sur le site : il avait disparu. C’est à ce moment-là qu’elle a compris qu’elle avait été victime d’une arnaque. En cherchant sur Internet, elle a découvert que des centaines de personnes avaient été piégées par le même faux site.
Sa banque lui a expliqué qu’elle pouvait contester le paiement, puisqu’elle n’avait jamais reçu la marchandise. Elle a aussi porté plainte en ligne et signalé le site sur une plateforme officielle du gouvernement. Grâce à la contestation, elle a été remboursée un mois plus tard. Mais d’autres victimes n’ont pas eu cette chance, notamment celles qui avaient payé par virement.
Avec du recul, Laura reconnaît qu’il y avait plusieurs signaux d’alerte. Le prix était beaucoup trop bas. L’adresse du site n’était pas celle de la marque officielle, mais un nom bizarre avec des chiffres. Il n’y avait ni adresse postale, ni numéro de téléphone, ni mentions légales. Et les avis étaient tous positifs et écrits presque de la même façon.
Depuis, elle suit quelques règles simples. Elle vérifie l’adresse exacte du site et cherche son nom sur Internet avec le mot « arnaque ». Elle achète de préférence sur les sites officiels. Et elle se méfie des promotions trop belles pour être vraies. « Si c’est trop beau, c’est que c’est faux », répète-t-elle à ses amis. Son frère, lui, a finalement reçu un livre.