Depuis qu’il est petit, Yanis, vingt-deux ans, rêve de devenir éducateur sportif. Pour en faire son métier, il veut préparer le BPJEPS, le diplôme professionnel qui permet d’encadrer des activités sportives contre rémunération. Mais en lisant les conditions d’entrée, il a découvert une obligation : avoir le PSC1, le certificat de « Prévention et secours civiques de niveau 1 ». Sans ce certificat, pas d’inscription.
La logique est simple : un éducateur sportif est responsable de dizaines d’enfants ou d’adultes, parfois loin d’un hôpital. En cas de malaise, de chute ou d’arrêt cardiaque, il doit savoir réagir dans les premières minutes, avant l’arrivée des secours. Yanis s’est donc inscrit à une formation de la Croix-Rouge, un samedi, pour soixante euros.
Ils étaient dix dans une salle, avec une formatrice, Christine, ancienne infirmière des urgences. Elle a commencé par une question : « Qui parmi vous saurait quoi faire si quelqu’un s’effondrait devant lui ? » Personne n’a levé la main. « À la fin de la journée, vous saurez tous. »
La formation a duré sept heures. Ils ont d’abord appris à protéger, alerter et secourir : sécuriser la zone, appeler le 15, le 18 ou le 112, et décrire clairement la situation. Ensuite, ils ont pratiqué sur des mannequins. Ils ont appris la position latérale de sécurité, qui permet de garder une personne inconsciente sur le côté pour qu’elle respire. Ils ont aussi appris à arrêter une hémorragie en appuyant fort sur la plaie, et à aider quelqu’un qui s’étouffe, avec des claques dans le dos.
Le moment le plus impressionnant a été le massage cardiaque. Il faut appuyer au centre de la poitrine, environ cent à cent vingt fois par minute, et assez fort. Au bout de deux minutes, Yanis transpirait. Christine leur a montré comment utiliser un défibrillateur, ces appareils qu’on trouve de plus en plus dans les lieux publics. « Il vous parle et vous explique tout. Vous ne pouvez pas faire d’erreur. »
À la fin de la journée, Yanis a reçu son certificat. Il s’est inscrit au BPJEPS le soir même. Mais il a surtout compris quelque chose : « Ce n’est pas seulement pour mon diplôme. N’importe qui devrait savoir faire ça. Ça peut sauver une vie. »