Le premier samedi de chaque mois, la salle des fêtes du quartier Saint-Cyprien, à Toulouse, se transforme en atelier géant. Sur de grandes tables, on voit des grille-pain ouverts, des lampes démontées, des vélos à l’envers et des machines à coudre. C’est le Repair Café, un lieu où des bénévoles aident gratuitement les habitants à réparer leurs objets cassés.
L’idée est née aux Pays-Bas en 2009 et s’est répandue dans le monde entier. Celui de Saint-Cyprien a été créé il y a six ans par Hélène, ingénieure à la retraite. « J’étais choquée de voir combien de choses on jette alors qu’il suffit souvent de changer une pièce à deux euros », explique-t-elle.
Ce samedi, une vingtaine de bénévoles sont présents. Il y a Bernard, ancien électricien, spécialiste des appareils électroménagers. Il y a Fatima, couturière, qui recoud des fermetures éclair et des ourlets. Il y a aussi Théo, vingt-trois ans, étudiant en informatique, qui s’occupe des ordinateurs et des téléphones. Le principe est important : les bénévoles ne réparent pas à la place des visiteurs, ils réparent avec eux. « Le but, c’est d’apprendre, pour pouvoir le faire seul la prochaine fois. »
Madame Garcia, soixante-dix ans, est venue avec une vieille radio qui appartenait à son mari. Elle ne marchait plus depuis deux ans. Bernard l’a ouverte, a trouvé un fil débranché et l’a ressoudé en dix minutes. Quand la musique s’est remise à jouer, Madame Garcia a eu les larmes aux yeux. Plus loin, un père et son fils réparent ensemble le frein d’un vélo. Une étudiante apprend à changer l’écran de son téléphone.
Tout ne peut pas être réparé. Certains appareils récents sont conçus pour être difficiles à ouvrir, ou les pièces de rechange n’existent pas. « C’est ce qu’on appelle l’obsolescence programmée, et ça nous met en colère », dit Théo. Mais selon les statistiques du Repair Café, environ deux objets sur trois repartent en état de marche.
Au-delà de la réparation, c’est aussi un lieu de rencontre. On boit un café, on mange un gâteau fait par un bénévole, on discute en attendant son tour. « Les gens viennent pour leur grille-pain, et ils reviennent pour l’ambiance », sourit Hélène. Plusieurs visiteurs sont d’ailleurs devenus bénévoles à leur tour.