Après cinq ans d’études d’architecture à Lyon, Hugo et sa meilleure amie, Chloé, avaient enfin leur diplôme en poche. Avant de commencer à travailler, ils voulaient s’offrir un grand voyage. Mais pas en avion : ils avaient passé leur dernier semestre à étudier la ville durable, et ils voulaient être cohérents. Ils ont donc acheté un pass Interrail, qui permet de prendre la plupart des trains en Europe pendant un mois.
Ils sont partis début juillet de la gare de Lyon Part-Dieu, avec un sac à dos chacun et un carnet de croquis. Première étape : Milan, en passant par les Alpes. Le paysage depuis la fenêtre était si beau que Chloé a rempli dix pages de dessins avant d’arriver. Ils ont ensuite traversé l’Italie jusqu’à Venise, puis ont pris un train de nuit pour Vienne, en Autriche. Dormir dans une couchette a été une aventure : six personnes dans un compartiment minuscule, dont un monsieur qui ronflait très fort.
De Vienne, ils sont allés à Budapest, puis ont remonté vers le nord : Prague, Berlin et Copenhague. Ils logeaient surtout dans des auberges de jeunesse, où ils ont rencontré des voyageurs de toute l’Europe. À Prague, ils ont passé une soirée entière à discuter avec deux Espagnols et une Polonaise, en mélangeant anglais, français et gestes.
Tout n’a pas été simple. En Allemagne, plusieurs trains avaient du retard, et ils ont raté une correspondance. Ils ont dû passer une nuit imprévue dans une petite ville dont ils n’avaient jamais entendu parler. Le pass ne couvrait pas les réservations obligatoires de certains trains rapides, ce qui a fait monter le budget. Et après trois semaines, ils étaient fatigués de porter leurs sacs et de dormir dans des lits différents chaque soir.
Mais le bilan reste très positif. En un mois, ils ont visité neuf pays et parcouru plus de six mille kilomètres, en émettant beaucoup moins de CO2 qu’en avion. « En train, on voit les paysages changer peu à peu, les langues, l’architecture, dit Hugo. On comprend que l’Europe, c’est une continuité, pas une série de points sur une carte. » Chloé, elle, est revenue avec trois carnets pleins de croquis. Elle en a fait une exposition dans un café de Lyon.