Cet été, la famille Nguyen n’est pas partie en vacances. Le père, Minh, avait perdu son emploi au printemps, et le budget était trop serré pour louer une maison au bord de la mer comme les autres années. Quand ils l’ont annoncé aux enfants, Linh, douze ans, et Bao, huit ans, la déception a été immense. « Tous mes copains partent ! On va s’ennuyer tout l’été ! » a crié Linh.
La mère, Céline, a eu une idée. Puisqu’ils ne pouvaient pas partir, ils allaient faire « comme si ». Pendant deux semaines, ils seraient en vacances chez eux, à Metz, avec des règles strictes : pas de travail, pas de ménage compliqué, pas d’écrans avant le soir, et chaque jour une activité choisie à tour de rôle par un membre de la famille.
Le premier jour, Bao a choisi de « camper » dans le jardin. Ils ont monté la vieille tente du grenier, fait griller des saucisses et regardé les étoiles. Le lendemain, Linh a voulu visiter le Centre Pompidou-Metz, qu’ils n’avaient jamais vu alors qu’ils habitaient à vingt minutes. Minh, lui, a organisé une randonnée à vélo le long de la Moselle, avec un pique-nique. Céline a proposé une journée « restaurant du monde » : chacun cuisinait un plat d’un pays différent, et ils mangeaient dans le jardin décoré comme une terrasse.
Ils ont aussi découvert beaucoup d’activités gratuites ou peu chères dans leur propre région : un lac où l’on pouvait se baigner, des concerts en plein air, une ferme pédagogique, un château où un guide racontait des légendes aux enfants. « On a tendance à croire que les choses intéressantes sont toujours loin », dit Céline.
Tout n’a pas été parfait. Il a plu pendant trois jours, et les enfants se sont disputés pour le choix des activités. Minh, inquiet pour son avenir professionnel, avait parfois du mal à décrocher. Mais le dernier soir, autour d’un barbecue, Linh a fait un discours surprenant. « Au début, j’étais fâchée. Mais finalement, c’étaient presque les meilleures vacances. On a fait plein de choses ensemble, et papa a ri tout le temps. »
En septembre, Minh a retrouvé un emploi. L’année prochaine, ils pourront peut-être repartir à la mer. Mais Bao a déjà demandé : « On pourra refaire le camping dans le jardin ? »