Quand Inès a emménagé dans son deux-pièces de Roubaix, en octobre, la salle de bains était fraîchement repeinte en blanc. Elle n’avait pas de fenêtre, seulement une petite bouche d’aération au plafond. Trois mois plus tard, des taches noires sont apparues au-dessus de la douche, puis dans les coins du plafond. Une odeur de moisi s’est installée. Inès a commencé à tousser le matin.
Elle a d’abord nettoyé avec de l’eau de Javel. Les taches ont disparu, puis sont revenues deux semaines plus tard, plus grandes. Elle a alors envoyé des photos à son propriétaire, Monsieur Vasseur. Sa réponse est arrivée rapidement, et elle n’était pas aimable : « Ce sont des moisissures dues à un mauvais usage du logement. Vous devez aérer et chauffer davantage. Je n’y suis pour rien. »
Inès était vexée. Elle chauffait normalement et ne faisait pas sécher son linge dans la salle de bains. Elle a demandé conseil à une association de locataires. Une bénévole est venue chez elle avec un petit appareil qui mesure l’humidité. Elle a aussi tenu un papier devant la bouche d’aération : le papier n’a pas bougé. « Votre ventilation ne fonctionne pas du tout. L’air humide ne peut pas sortir. Et d’après ce que je vois, la peinture blanche a probablement été posée pour cacher d’anciennes moisissures. »
La bénévole lui a expliqué ses droits. En France, le propriétaire doit fournir un logement décent, ce qui comprend une ventilation suffisante. Le locataire, lui, doit entretenir le logement normalement, par exemple ne pas boucher les aérations et ouvrir les fenêtres. Quand l’humidité vient d’un défaut du bâtiment, comme une VMC en panne ou une infiltration d’eau, c’est au propriétaire de faire les réparations.
Inès a envoyé une lettre recommandée à Monsieur Vasseur, avec le rapport de l’association et les photos. Elle lui demandait de réparer la ventilation dans un délai d’un mois. Sans réponse, elle pourrait saisir la commission départementale de conciliation, un service gratuit qui aide propriétaires et locataires à trouver un accord.
Cette fois, le propriétaire a changé de ton. Un technicien est venu trois semaines plus tard. Le moteur de la ventilation était hors service depuis des années. Après la réparation et un traitement antifongique, les taches n’ont plus réapparu. Et Inès ne tousse plus le matin.