Biarritz, le 14 août
Chère Sophie,
Je t’écris de la terrasse de notre location, face à l’océan. Je devrais être parfaitement heureuse, et pourtant je porte un t-shirt trop grand avec « I love Biarritz » écrit dessus, un short acheté au supermarché et des tongs en plastique. Laisse-moi t’expliquer.
Nous avons pris l’avion de Strasbourg à Biarritz samedi dernier, avec une escale à Paris. La correspondance était courte, seulement quarante minutes, et notre premier vol avait du retard. Nous avons couru dans l’aéroport avec les enfants et nous avons réussi à monter dans le deuxième avion de justesse. Malheureusement, nos valises, elles, n’ont pas eu le temps de nous suivre.
À l’arrivée, nous avons attendu devant le tapis jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien. Au comptoir, l’employée nous a donné un numéro de dossier et nous a assuré que les bagages arriveraient « sous vingt-quatre heures ». C’était il y a cinq jours.
Les premiers jours ont été compliqués. Il a fallu tout racheter : des maillots de bain, des brosses à dents, de la crème solaire, des vêtements pour les enfants. Léo a pleuré parce que son doudou était dans la valise. Mon mari a passé des heures au téléphone avec la compagnie. Elle rembourse les achats de première nécessité, à condition de garder tous les tickets. J’ai donc une enveloppe pleine de tickets de caisse, que je garde comme un trésor.
Mais tu me connais, j’ai fini par voir le côté positif. Sans valise, on n’a rien à ranger, rien à choisir le matin. Les enfants passent leurs journées en maillot sur la plage. Nous avons découvert un petit marché où nous achetons du fromage de brebis et des cerises noires. Hier, nous avons même pris un cours de surf. Je suis tombée vingt fois, mais j’ai réussi à me tenir debout trois secondes !
Ce matin, une bonne nouvelle : la compagnie a appelé. Nos valises ont été localisées à Lyon (personne ne sait pourquoi) et elles devraient arriver demain. J’ai presque envie de lui dire de ne pas se presser.
Je t’embrasse fort, et je te rapporte du gâteau basque.
Marine