Le TGV Paris-Marseille de quatorze heures trente-sept était plein, comme souvent un vendredi de juillet. Dans la voiture 14, il y avait des familles qui partaient en vacances, des étudiants, un groupe de retraités et quelques personnes qui travaillaient sur leur ordinateur. Tout se passait normalement jusqu’à l’arrêt de Valence, vers dix-sept heures.
Le train est resté à quai. Cinq minutes, puis dix. Enfin, la voix du chef de bord a retenti dans les haut-parleurs : « Mesdames et messieurs, en raison d’un incendie à proximité des voies entre Valence et Avignon, la circulation est totalement interrompue. Ce train est terminus. Nous vous invitons à descendre et à vous rapprocher du personnel en gare. » Un grand soupir collectif a parcouru la voiture.
Sur le quai, c’était la confusion. Des centaines de passagers cherchaient des informations. Les écrans indiquaient « retard indéterminé ». Des agents en gilet rouge distribuaient des bouteilles d’eau, car il faisait trente-cinq degrés.
Chacun a réagi à sa manière. Une famille avec trois enfants, qui devait prendre un bateau pour la Corse le soir même à Marseille, était désespérée. Le père a passé une heure au téléphone avec la compagnie maritime pour changer ses billets. Deux étudiants allemands ont décidé de chercher un covoiturage sur une application. Ils ont trouvé une voiture qui partait pour Aix-en-Provence une heure plus tard. Les retraités, eux, ont pris la situation avec philosophie : ils sont allés boire un verre en terrasse en attendant.
Vers vingt heures, la SNCF a annoncé que les trains ne circuleraient pas avant le lendemain matin. Les passagers bloqués pouvaient soit être logés dans un hôtel pris en charge, soit attendre des bus de remplacement. Une jeune femme, Clémence, a choisi l’hôtel. « J’aurais préféré dormir chez moi, mais au moins, on ne nous laisse pas sur le quai. »
Quelques semaines plus tard, les passagers ont pu demander une compensation. Pour un retard de plus de trois heures, la SNCF rembourse une partie importante du prix du billet. Clémence a été remboursée de la moitié. « Ce n’était pas le voyage prévu, dit-elle, mais j’ai découvert Valence. Et c’est une jolie ville ! »