Samir aimait son vélo électrique plus que sa voiture. Il l’avait acheté deux ans plus tôt, en utilisant une aide de la métropole de Grenoble, et s’en servait tous les jours pour aller au travail. Un jeudi soir, en sortant du cinéma, il a trouvé son antivol coupé net, posé par terre à côté de l’arceau. Le vélo, lui, avait disparu.
Sa première réaction a été la colère, puis le découragement. Un ami lui a dit que ça ne servait à rien d’aller à la police, « parce qu’ils ne le retrouveront jamais ». Mais Samir savait que son assurance habitation couvrait le vol de vélo, à condition de fournir un récépissé de dépôt de plainte. Et puis, son vélo était gravé : un numéro d’identification unique, enregistré dans un fichier national, était inscrit sur le cadre.
Le lendemain, il a d’abord rempli une pré-plainte en ligne, pour gagner du temps. Ensuite, il s’est rendu au commissariat avec la facture du vélo, son certificat de gravage et des photos. Il a attendu une heure dans une salle d’attente pleine de monde. Un policier l’a enfin reçu dans un petit bureau. Il lui a posé des questions précises : l’heure exacte du vol, l’endroit, la présence éventuelle de caméras dans la rue. Samir s’est souvenu qu’il y avait une caméra au-dessus de l’entrée du cinéma.
Le policier a tapé sa déposition, la lui a fait relire et signer. Il lui a remis le récépissé. « Je ne vais pas vous mentir, monsieur, on retrouve peu de vélos. Mais le gravage augmente beaucoup les chances. Si votre vélo est contrôlé quelque part, on saura qu’il est à vous. »
Samir a envoyé le récépissé à son assurance, qui lui a remboursé une partie de la valeur, moins la franchise. Il pensait l’histoire terminée. Mais six semaines plus tard, il a reçu un appel du commissariat. Lors d’un contrôle, des policiers avaient trouvé son vélo chez un homme qui en revendait plusieurs sur Internet. Le numéro gravé avait permis de l’identifier. Samir a récupéré son vélo, un peu abîmé, et a dû rembourser l’assurance. Il l’a fait avec plaisir.