Un lundi matin de décembre, Lucie, étudiante en pharmacie, a pris le TER de sept heures douze entre Amiens et Lille, comme chaque semaine. Elle avait très peu dormi, à cause de ses révisions. Elle s’est assise près de la fenêtre, a posé son sac à dos sur le porte-bagages au-dessus d’elle et s’est endormie presque aussitôt.
Quand le train est arrivé en gare de Lille-Flandres, une annonce l’a réveillée en sursaut. Elle a attrapé son manteau et elle est descendue en courant, de peur d’être en retard à son examen. Ce n’est qu’en arrivant devant la faculté, vingt minutes plus tard, qu’elle a compris : son sac était resté dans le train. Dedans, il y avait son ordinateur portable, ses notes de cours, sa carte d’étudiante et ses clés.
Elle est retournée à la gare en courant. Le train était déjà reparti. Au guichet, un agent lui a expliqué la marche à suivre. « Vous devez faire une déclaration de perte en ligne, sur le site des objets trouvés de la SNCF. Quand un objet est retrouvé, il est enregistré dans la même base de données. Si votre description correspond, vous recevrez un message. » Il lui a conseillé de donner le plus de détails possible : la couleur et la marque du sac, le numéro du train, la voiture, et le contenu.
Lucie a rempli le formulaire sur son téléphone, les mains tremblantes. Elle a précisé que l’ordinateur avait un autocollant en forme de chat. Ensuite, elle a dû attendre. Le premier jour, rien. Le deuxième jour, toujours rien. Elle commençait à perdre espoir.
Le troisième jour, enfin, un e-mail est arrivé : « Un objet correspondant à votre déclaration a été retrouvé. » Le sac avait été trouvé par l’équipe de nettoyage, au terminus du train, à Lille-Europe. Lucie a dû payer des frais de récupération de dix euros, mais tout était là, même l’autocollant de chat. Depuis, elle met une étiquette avec son numéro de téléphone sur tous ses sacs.