Quand je suis arrivé du Vietnam à Lyon pour faire un doctorat en chimie, je pensais que l’ouverture d’un compte bancaire serait une simple formalité. Au Vietnam, il suffit de son passeport et d’un quart d’heure. En France, cela m’a pris presque un mois, et j’ai appris beaucoup de choses.
Le premier problème, c’est qu’on a besoin d’un compte pour presque tout : recevoir sa bourse, payer son loyer, prendre un abonnement de téléphone. Mais pour ouvrir un compte, on demande souvent un justificatif de domicile. Et pour avoir un logement, le propriétaire demande souvent... un RIB, c’est-à-dire les coordonnées bancaires. C’est un cercle vicieux. Heureusement, la résidence universitaire où j’habitais m’a fourni une attestation d’hébergement.
J’ai pris rendez-vous dans l’agence d’une grande banque près de l’université. La conseillère était aimable, mais elle parlait très vite et utilisait beaucoup de mots que je ne connaissais pas : « frais de tenue de compte », « découvert autorisé », « carte à débit immédiat ». J’ai dû lui demander plusieurs fois de répéter. Elle m’a proposé une offre pour étudiants, gratuite la première année, avec une carte bancaire et une application pour gérer mon argent sur mon téléphone.
Ensuite, elle m’a demandé une liste de documents : mon passeport, mon titre de séjour, l’attestation de la résidence, ma carte d’étudiant et un justificatif de revenus, c’est-à-dire ma lettre de bourse. Il me manquait le titre de séjour, que j’attendais encore. J’ai dû revenir deux semaines plus tard. La conseillère m’a aussi prévenu que la banque devait vérifier l’origine de mes revenus, à cause des règles contre le blanchiment d’argent.
Finalement, mon compte a été ouvert, et j’ai reçu ma carte par courrier dix jours après, puis le code secret dans une lettre séparée, pour des raisons de sécurité. Le jour où j’ai payé mon premier café avec ma carte française, j’ai eu l’impression d’être enfin installé.
Mon conseil aux nouveaux arrivants : renseignez-vous sur les banques en ligne, souvent plus rapides, et sachez que si toutes les banques vous refusent, la Banque de France peut obliger l’une d’elles à vous ouvrir un compte. C’est ce qu’on appelle le droit au compte.