Depuis une semaine, Gilles, cinquante-huit ans, facteur à Besançon, avait un gros rhume : le nez bouché, la gorge qui grattait et une toux qui le réveillait la nuit. Il avait continué à travailler, comme d’habitude, en se disant que ça passerait. Mais un matin, en descendant de son vélo électrique, il a ressenti une vive douleur au genou droit. Le soir, son genou était gonflé et il avait du mal à monter l’escalier. Sa femme a pris la décision à sa place : elle a appelé leur médecin traitant.
Le docteur Roy l’a reçu le lendemain en fin de journée. Elle connaît Gilles depuis vingt ans et elle sait qu’il ne vient jamais pour rien. Elle a d’abord écouté ses poumons avec son stéthoscope et regardé sa gorge. « C’est viral. Pas besoin d’antibiotiques, ils ne servent à rien contre un virus. Buvez beaucoup, reposez-vous, et prenez du paracétamol si vous avez de la fièvre. Si la toux dure plus de trois semaines, revenez me voir. »
Ensuite, elle a examiné le genou. Elle l’a plié doucement, elle a appuyé à plusieurs endroits et a demandé à Gilles de marcher quelques pas. « Est-ce que vous avez fait un mouvement brusque ? » Gilles a réfléchi. Il se souvenait qu’il avait glissé sur un trottoir mouillé deux jours plus tôt, sans tomber vraiment. Le médecin pensait à une petite entorse ou à une inflammation, mais pour être sûre, elle lui a prescrit une radio et une échographie.
Elle lui a aussi donné un arrêt de travail de cinq jours. Gilles a protesté : « Mais qui va distribuer le courrier dans mon quartier ? » Le docteur Roy a souri. « Vos collègues se débrouilleront. Si vous continuez à pédaler avec ce genou, vous serez arrêté un mois au lieu d’une semaine. »
En sortant, Gilles a payé la consultation, trente euros, avec sa carte Vitale, qui permet d’être remboursé automatiquement par la Sécurité sociale. Les examens, trois jours plus tard, n’ont montré rien de grave : une légère entorse. Avec de la glace, du repos et quelques séances de kiné, il a pu reprendre sa tournée après dix jours.