L’année dernière, à vingt-trois ans, j’ai signé mon premier CDI comme technicien de maintenance dans une usine près de Valenciennes. Jusque-là, j’étais rattaché au foyer fiscal de mes parents, et c’était mon père qui s’occupait de tout. Cette année, pour la première fois, j’ai dû faire ma propre déclaration de revenus. J’avoue que j’avais un peu peur.
Il faut d’abord expliquer qu’en France, depuis 2019, l’impôt sur le revenu est prélevé directement sur le salaire, chaque mois. On appelle ça le prélèvement à la source. Je pensais donc qu’il n’y avait plus rien à faire. Erreur : il faut quand même remplir une déclaration chaque printemps, pour que l’administration calcule le montant exact et corrige le taux pour l’année suivante.
Pour une première déclaration, on ne peut pas tout faire directement en ligne si on n’a pas encore de numéro fiscal. J’ai donc commencé par appeler le centre des impôts. La conseillère a été très patiente. Elle m’a expliqué comment obtenir mon numéro et créer mon espace personnel sur le site des impôts.
Quand j’ai enfin ouvert la déclaration, j’ai été surpris : beaucoup de cases étaient déjà remplies. Mon salaire, déclaré par mon employeur, apparaissait automatiquement. Je devais seulement vérifier que tout était correct. Mais mon père m’a donné un conseil précieux : « Regarde les frais réels. » Comme je fais quarante kilomètres aller-retour chaque jour en voiture pour aller à l’usine, je pouvais déduire mes frais de transport au lieu de la déduction forfaitaire de dix pour cent. Avec un simulateur en ligne, j’ai calculé que c’était plus avantageux pour moi. J’ai dû garder tous les justificatifs, au cas où il y aurait un contrôle.
J’ai validé ma déclaration un dimanche soir, juste avant la date limite. En été, j’ai reçu mon avis d’impôt. Bonne nouvelle : grâce aux frais réels, j’avais trop payé pendant l’année, et l’administration m’a remboursé cent quatre-vingts euros. Je ne pensais pas qu’un jour je serais content de recevoir une lettre des impôts !