Sur une petite place de Colmar, une jeune touriste, son plan à la main, s’approche d’un vieux monsieur assis sur un banc.
— Excusez-moi, monsieur, je cherche le musée Unterlinden. Mon téléphone n’a plus de batterie et je crois que je me suis perdue.
— Ah, vous n’êtes pas très loin, mais ce n’est pas tout droit, sourit l’homme. Vous venez d’où, si ce n’est pas indiscret ?
— De Montréal. Je fais un tour d’Europe pendant deux mois.
— Montréal ! Mon frère y a vécu dans les années soixante. Bon, alors, vous voyez la fontaine, là-bas, avec la statue ?
— Oui.
— Vous allez passer à côté, puis vous prendrez la petite rue à gauche, celle qui descend vers le canal. Vous arriverez dans le quartier qu’on appelle la Petite Venise. C’est très joli, mais ne vous arrêtez pas trop longtemps, sinon vous n’aurez plus le temps de visiter le musée !
— D’accord. Et après le canal ?
— Après, vous continuerez jusqu’à la grande église, la collégiale Saint-Martin. Vous ne pouvez pas la manquer, elle est immense et un peu rouge. Là, il faut tourner à droite et marcher environ cinq minutes. Le musée se trouve dans un ancien couvent. Vous reconnaîtrez le bâtiment parce qu’il y a souvent une longue file de touristes devant.
— Merci beaucoup. Vous savez s’il est ouvert le mardi ?
— Hmm, bonne question. Il me semble qu’il est fermé le mardi, comme beaucoup de musées... Attendez. — Il sort un vieux carnet de sa poche. — Non, je me trompe, c’est le mardi qu’il ferme, mais seulement en hiver. Nous sommes en juillet, vous avez de la chance.
— Parfait ! Qu’est-ce qu’il faut absolument voir, à votre avis ?
— Le retable d’Issenheim, sans hésiter. C’est un chef-d’œuvre du seizième siècle. Quand j’étais petit, mon instituteur nous y emmenait chaque année, et il nous faisait peur avec les monstres peints dessus.
— Ça me donne envie ! Merci infiniment, monsieur.
— Je vous en prie. Et si vous avez encore faim après, goûtez une tarte flambée près du canal. Bonne visite, mademoiselle !