J’ai eu mon permis de conduire en avril, à ma deuxième tentative. La première fois, j’avais raté un stop, et l’inspecteur m’avait arrêtée au bout de dix minutes. Quand j’ai enfin reçu le papier rose, j’ai pleuré de joie dans la voiture de l’auto-école. Mais très vite, une autre question s’est posée : quelle voiture acheter avec seulement quatre mille euros d’économies ?
J’habite à Saint-Brieuc et je travaille comme aide-soignante dans un EHPAD à vingt kilomètres. Les bus sont rares, surtout quand je commence à six heures du matin. La voiture n’était pas un luxe, mais une nécessité.
Mon père, qui a toujours bricolé ses voitures lui-même, m’a donné des conseils précieux. « Ne regarde pas la couleur, regarde le carnet d’entretien. » Pendant trois semaines, nous avons consulté les annonces sur Internet. Beaucoup de voitures étaient trop chères ou avaient trop de kilomètres. D’autres annonces semblaient trop belles pour être vraies : une Golf récente à deux mille euros, par exemple, dont le vendeur voulait être payé à l’avance par virement. Mon père m’a tout de suite dit que c’était une arnaque.
Finalement, nous avons trouvé une Peugeot 208 de neuf ans, avec cent dix mille kilomètres, vendue par une dame âgée qui ne conduisait plus. Le carnet était complet et le contrôle technique avait moins de six mois. Mon père a fait un tour avec la voiture, il a écouté le moteur et il a vérifié les pneus. On a négocié le prix de quatre mille deux cents à trois mille huit cents euros.
Ce que je n’avais pas prévu, c’était le coût de l’assurance. Comme jeune conductrice, je paie presque cent euros par mois, beaucoup plus que mes parents. Il faut ajouter l’essence, la carte grise et l’entretien. Mon budget est serré, mais je ne regrette rien. Pour la première fois, je suis indépendante. Et chaque matin, quand je mets le contact, je me sens un peu adulte.