Objet : Le concert de samedi (tu as raté quelque chose !)
Salut Clara,
J’espère que ta grippe va mieux. Je sais que tu étais triste de ne pas pouvoir venir aux Vieilles Charrues, alors je te raconte tout, et j’ai même gardé ton bracelet d’entrée en souvenir.
Tu te souviens que la météo annonçait des orages pour tout le week-end ? Eh bien, pour une fois, ils ne se sont pas trompés. Quand nous sommes arrivés à Carhaix, vers seize heures, le ciel était déjà noir. Le parking était une immense mare de boue, et j’ai perdu une de mes bottes en caoutchouc dans les dix premières minutes. Antoine a dû la récupérer à la main, tu imagines la scène.
Pendant les premiers concerts, il pleuvait tellement qu’on ne voyait presque plus la scène. Tout le monde avait mis un poncho en plastique, et la foule ressemblait à une mer de couleurs. J’ai cru qu’on allait passer une soirée horrible. Et puis, je ne sais pas comment l’expliquer, l’ambiance a complètement changé. Les gens ont commencé à danser dans la boue, à chanter, à rire de la situation. Un groupe de Bretons à côté de nous a partagé ses crêpes et son cidre avec nous.
Le meilleur moment, c’était le concert de vingt-deux heures. Juste quand la chanteuse est montée sur scène, la pluie s’est arrêtée. Elle a regardé le ciel et a dit : « Je crois que la Bretagne m’a entendue ! » Soixante mille personnes ont crié en même temps. Elle a chanté pendant presque deux heures, et quand elle a joué sa chanson la plus connue, j’avais les larmes aux yeux. Je ne sais pas si c’était l’émotion ou la fatigue !
Nous sommes rentrés à la tente vers trois heures du matin, trempés jusqu’aux os, couverts de boue, mais tellement heureux. Mon jean est probablement fichu, mais ça valait la peine.
L’année prochaine, promis, on y va ensemble. Et je t’achèterai des bottes !
Gros bisous,
Manon