En septembre, Théo, étudiant en droit à Montpellier, a acheté un ordinateur portable neuf dans une grande enseigne d’électroménager. Il avait économisé tout l’été en travaillant dans un camping pour se payer ce modèle à neuf cents euros, léger et puissant. Le vendeur lui avait proposé une extension de garantie de trois ans pour cent vingt euros de plus. Théo avait refusé : « La garantie légale suffit, non ? »
Trois mois plus tard, en pleine période d’examens, l’écran s’est mis à clignoter, puis il est devenu complètement noir. L’ordinateur s’allumait, on entendait le ventilateur, mais rien ne s’affichait. Paniqué, Théo a d’abord cherché des solutions sur des forums, sans succès. Heureusement, il avait sauvegardé ses cours sur un disque dur externe.
Il est retourné au magasin avec sa facture. Au service après-vente, l’employé a été plutôt froid. « Il faut contacter directement le fabricant, ce n’est pas notre rôle. » Théo savait que c’était faux. Sa sœur, juriste, lui avait expliqué qu’en France, le vendeur est responsable pendant deux ans grâce à la garantie légale de conformité. Pendant cette période, c’est au vendeur de prouver que la panne vient d’une mauvaise utilisation, et non au client de prouver qu’il y a un défaut.
Théo a donc insisté, calmement mais fermement. Il a cité l’article du Code de la consommation qu’il avait noté sur son téléphone. L’employé a appelé son responsable, qui a fini par accepter de prendre l’ordinateur en charge. On lui a remis un bon de dépôt et promis une réparation dans un délai de trois semaines.
Finalement, l’attente a duré presque un mois. Le magasin a changé l’écran et la carte mère, sans rien lui faire payer. Pendant ce temps, Théo a travaillé sur les ordinateurs de la bibliothèque universitaire. « Ça m’a appris deux choses, dit-il. D’abord, il faut toujours garder sa facture. Ensuite, il faut connaître ses droits, parce que certains vendeurs comptent sur le fait que les clients ne les connaissent pas. »