Un dimanche matin, Nathalie, cinquante-cinq ans, a reçu plusieurs appels de ses amis, tous inquiets. « Tu vas bien ? Tu as vraiment besoin de cinq cents euros ? » Elle ne comprenait rien. Puis elle a ouvert sa messagerie et a découvert l’horreur : pendant la nuit, quelqu’un avait envoyé à tous ses contacts un message en son nom. « Je suis bloquée à l’étranger, j’ai perdu mon portefeuille, peux-tu m’envoyer de l’argent en urgence ? Je te rembourse lundi. » Son compte avait été piraté.
Comment était-ce possible ? En réfléchissant, Nathalie s’est souvenue d’un SMS reçu deux jours plus tôt. Il semblait venir de sa messagerie et lui demandait de confirmer son identité en donnant un code à six chiffres qu’elle venait de recevoir. Sans se méfier, elle l’avait envoyé. En réalité, ce code permettait aux pirates de se connecter à son compte depuis un autre téléphone.
Le plus grave, c’est qu’une de ses amies, une personne âgée, avait déjà envoyé l’argent. Nathalie s’est sentie terriblement coupable. Avec l’aide de son fils, elle a réagi rapidement. Il a contacté le service d’assistance de l’application pour signaler le piratage et récupérer le compte. Nathalie a prévenu tous ses contacts par un autre moyen, a porté plainte au commissariat et a signalé l’arnaque sur la plateforme officielle du gouvernement. Son amie a contacté sa banque, mais l’argent n’a pas pu être récupéré.
Son fils lui a ensuite appris quelques règles de sécurité. D’abord, ne jamais communiquer un code reçu par SMS, à personne, même si le message semble officiel. Ensuite, activer la validation en deux étapes, qui demande un code secret supplémentaire. Utiliser des mots de passe différents et compliqués pour chaque compte, enregistrés dans un gestionnaire de mots de passe. Et se méfier de tout message urgent qui demande de l’argent, même venant d’un proche : mieux vaut appeler la personne pour vérifier.
Nathalie a tenu à rembourser elle-même son amie. Depuis, elle partage son expérience autour d’elle, notamment dans son club de lecture. « J’avais honte au début. Mais si mon histoire peut éviter à quelqu’un de se faire piéger, ça vaut la peine de la raconter. »