Il y a deux ans, Olivier, cinquante-deux ans, professeur d’histoire dans un collège de Metz, se sentait toujours fatigué. Il avait souvent soif, se levait plusieurs fois la nuit pour aller aux toilettes et avait perdu du poids sans raison. Il pensait que c’était le stress de la fin d’année. C’est sa femme qui a insisté pour qu’il fasse une prise de sang. Le résultat a été un choc : son taux de sucre dans le sang était beaucoup trop élevé. Diagnostic : diabète de type 2.
« J’ai eu l’impression que ma vie s’arrêtait. Mon père était diabétique, il avait eu des problèmes aux yeux et au cœur. J’avais peur de finir comme lui. » Son médecin l’a rassuré. Le diabète de type 2 est une maladie chronique, mais on peut bien vivre avec, à condition de changer certaines habitudes et de suivre son traitement.
Olivier a été orienté vers un programme d’éducation thérapeutique à l’hôpital. Pendant plusieurs séances, une diététicienne et une infirmière lui ont appris à comprendre sa maladie. Il a découvert que tous les sucres n’agissent pas de la même façon, qu’il fallait éviter les boissons sucrées et les plats industriels, et privilégier les légumes, les légumineuses et les céréales complètes. Il a aussi appris à mesurer sa glycémie avec un petit capteur collé sur le bras, relié à son téléphone.
Le plus difficile a été de changer ses habitudes. Olivier adorait les pâtisseries et grignotait des biscuits en corrigeant ses copies. Il ne faisait aucun sport. Il a commencé par marcher trente minutes par jour, puis il s’est inscrit dans un club de randonnée. Il a remplacé les biscuits par des amandes et une pomme.
Au collège, il a d’abord caché sa maladie. Puis il a décidé d’en parler à ses élèves, pendant un cours sur la santé. Les élèves ont posé beaucoup de questions, et certains lui ont raconté que leurs grands-parents étaient aussi diabétiques.
Aujourd’hui, Olivier a perdu neuf kilos, et son taux de sucre est presque normal. Il prend toujours un médicament, mais à faible dose. « Le diabète m’a forcé à prendre soin de moi. Paradoxalement, je ne me suis jamais senti aussi bien. »