Chaque année, le deuxième week-end de septembre, la petite ville de Saint-Jean-de-Luz, au Pays basque, organise ses fêtes. Pendant trois jours, les rues se remplissent de musique, de danses traditionnelles, de stands de nourriture et de milliers de visiteurs habillés en blanc et rouge. Derrière cette joyeuse ambiance, il y a des mois de travail. Depuis quatre ans, c’est Maïté, quarante-trois ans, qui préside le comité des fêtes.
La préparation commence dès janvier. Le comité, composé d’une vingtaine de bénévoles, se réunit tous les quinze jours. Il faut choisir les groupes de musique, réserver la scène et le matériel de son, organiser le feu d’artifice, demander les autorisations à la mairie et à la préfecture. Il faut aussi trouver de l’argent. La mairie verse une subvention, mais elle ne suffit pas. Maïté et son équipe démarchent les commerçants pour trouver des sponsors et organisent un loto au printemps.
La sécurité est devenue un sujet majeur. Avec des milliers de personnes dans les rues, il faut des barrières, des secouristes, des agents de sécurité et une coordination avec la police. Depuis quelques années, les règles sont beaucoup plus strictes, et les coûts ont augmenté. « Parfois, j’ai l’impression de passer plus de temps à remplir des formulaires qu’à organiser une fête », soupire Maïté.
Le comité veut aussi que la fête reste fidèle à son identité. Le samedi matin, des danseurs en costume traditionnel ouvrent les festivités. Il y a une démonstration de pelote basque et un concours de chant en langue basque. Mais la fête évolue : cette année, un espace pour les enfants a été créé, et les gobelets en plastique ont été remplacés par des gobelets réutilisables.
Le week-end des fêtes, Maïté dort à peine quatre heures par nuit. Elle court partout, téléphone à la main, pour régler les imprévus : un groupe en retard, une panne d’électricité, un orage menaçant. Mais quand le feu d’artifice éclate au-dessus de la baie, le dimanche soir, et que la foule applaudit, toute la fatigue disparaît.
« Je ne fais pas ça pour être remerciée, dit-elle. Je le fais parce que cette fête, c’est l’âme de notre ville. Elle réunit les jeunes et les anciens, les habitants et les touristes. Si personne ne s’en occupe, elle disparaîtra. »