En septembre, Lucie, vingt ans, a terminé son apprentissage de coiffeuse à Angers et a été embauchée en CDI dans le salon où elle s’était formée. Avec un salaire net d’environ mille quatre cents euros, elle a décidé de quitter la maison de ses parents et de prendre son premier appartement. Mais avant de signer quoi que ce soit, sa mère lui a donné un conseil : « Fais un budget. Sur papier. »
Lucie a d’abord noté ses revenus : son salaire, plus une aide au logement de la CAF qu’elle pouvait demander, d’environ cent vingt euros. Ensuite, elle a fait la liste de ses dépenses fixes, celles qui reviennent chaque mois. Le loyer d’un studio de vingt-cinq mètres carrés : quatre cent quatre-vingts euros, charges comprises. L’électricité, Internet et le téléphone : quatre-vingt-dix euros. L’assurance habitation : douze euros. L’abonnement de bus : trente euros. Total : plus de six cents euros, avant même d’avoir mangé.
Puis elle a estimé ses dépenses variables. Les courses, environ deux cent cinquante euros. Les produits d’hygiène, les sorties, les vêtements, les petits imprévus. Elle a été surprise de voir à quelle vitesse l’argent disparaissait. « Je pensais que mille quatre cents euros, c’était beaucoup. Quand j’ai tout additionné, il ne me restait presque rien pour économiser. »
Elle a aussi découvert des frais auxquels elle n’avait pas pensé. Le dépôt de garantie, d’un mois de loyer. Les frais d’agence. L’achat de meubles, d’un réfrigérateur et d’une machine à laver. Heureusement, elle a trouvé beaucoup de choses d’occasion sur des sites de petites annonces et chez Emmaüs. Ses grands-parents lui ont donné de la vaisselle et un canapé.
Pour s’en sortir, Lucie a adopté quelques règles. Le jour où elle reçoit son salaire, elle met automatiquement cent euros sur un livret d’épargne. Elle prépare ses repas pour la semaine le dimanche, au lieu d’acheter des sandwichs. Et elle note toutes ses dépenses dans une application.
Après six mois, elle a réussi à mettre de côté sept cents euros, sa petite réserve en cas d’urgence. « Ce n’est pas toujours facile, mais je suis fière. C’est mon appartement, et c’est moi qui le paie. »