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La boulangerie du coin ferme

CEFR level B1 · Topic: Society

Le samedi 28 juin, à treize heures, Jean-Pierre et Monique Lambert ont baissé pour la dernière fois le rideau de fer de leur boulangerie, rue de la République, à Châteauroux. Pendant quarante ans, ils se sont levés à trois heures du matin, six jours sur sept, pour pétrir la pâte et cuire le pain. Ce jour-là, une longue file de clients attendait devant la porte, non pas pour acheter une baguette, mais pour leur dire au revoir.

Jean-Pierre a soixante-sept ans, Monique soixante-cinq. Leur dos et leurs genoux sont fatigués, et ils ont décidé qu’il était temps de prendre leur retraite. Pendant deux ans, ils ont cherché un repreneur. Plusieurs jeunes boulangers sont venus visiter, mais aucun n’a donné suite. Le local est vieux, il faudrait refaire le four et mettre la boutique aux normes, ce qui coûterait plus de cent mille euros. Et dans ce quartier, deux supermarchés vendent des baguettes à moins d’un euro.

Pour les habitants, c’est une vraie perte. La boulangerie était bien plus qu’un commerce. C’était un lieu de vie, où l’on échangeait les nouvelles du quartier. Monique connaissait le prénom de presque tous ses clients et leurs habitudes : la tradition bien cuite pour M. Bernard, deux croissants pour la petite Léa le mercredi. Elle mettait de côté le pain des personnes âgées qui ne pouvaient pas venir tôt. « Quand j’étais malade, raconte une voisine, Monique m’apportait mon pain à la maison. »

La fermeture des petits commerces est un problème dans beaucoup de villes moyennes en France. Les centres-villes se vident au profit des zones commerciales en périphérie. Certaines municipalités essaient de réagir, en rachetant des locaux pour les louer moins cher à de jeunes artisans.

Ce dernier samedi, les clients ont apporté des fleurs, des cartes et même un livre d’or rempli de messages. Les enfants de l’école voisine ont fait des dessins. Monique a pleuré toute la matinée. « On ne savait pas qu’on comptait autant pour les gens. » Une semaine plus tard, une bonne nouvelle est arrivée : la mairie a décidé de racheter le local, et un appel à candidatures sera lancé pour trouver un jeune boulanger.

Glossary

le rideau de fer
metal shutter
pétrir
to knead
la file
queue
le repreneur
buyer (of a business)
donner suite
to follow up
mettre aux normes
to bring up to standard
la perte
loss
le lieu de vie
social hub
la tradition
traditional baguette
bien cuit
well done (bread, crusty)
se vider
to empty
au profit de
in favour of
la périphérie
outskirts
l’artisan
craftsperson
le livre d’or
guest book
l’appel à candidatures
call for applications

Comprehension questions

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  1. Pendant combien de temps les Lambert ont-ils tenu la boulangerie ?
    • Vingt ans
    • Quarante ans
    • Dix ans
    • Soixante ans
  2. À quelle heure se levaient-ils ?
    • À six heures
    • À trois heures du matin
    • À minuit
    • À cinq heures
  3. Vrai ou faux ? Un jeune boulanger a racheté la boulangerie tout de suite.
  4. Pourquoi les repreneurs hésitaient-ils ?
    • Les travaux coûteraient plus de cent mille euros
    • Le quartier était dangereux
    • Les Lambert demandaient trop cher
    • Il n’y avait pas de clients
  5. Que faisait Monique pour les personnes âgées ?
    • Elle mettait leur pain de côté
    • Elle leur faisait des réductions
    • Elle leur offrait des gâteaux
    • Elle les appelait
  6. Vrai ou faux ? Les enfants de l’école voisine ont fait des dessins.
  7. Qu’a décidé la mairie ?
    • Construire un supermarché
    • Racheter le local pour un jeune boulanger
    • Fermer la rue
    • Donner une médaille aux Lambert
  8. Vrai ou faux ? Le dernier jour, les clients faisaient la queue pour acheter du pain.

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