Pour la plupart des gens, le printemps est la plus belle saison. Pour Sophie, trente-huit ans, professeure de sport à Toulouse, c’est le début de deux mois de souffrance. Dès la fin du mois de mars, quand les platanes et les graminées commencent à fleurir, son nez coule sans arrêt, ses yeux pleurent et la démangent, et elle éternue des dizaines de fois par jour. Elle souffre du rhume des foins, une allergie aux pollens.
Longtemps, elle n’a pas pris le problème au sérieux. Elle pensait avoir des rhumes à répétition. Elle achetait des mouchoirs par paquets de vingt et se frottait les yeux jusqu’à ce qu’ils deviennent rouges. Mais un printemps, elle a commencé à avoir du mal à respirer pendant ses cours en plein air. Inquiète, elle a consulté un allergologue.
Le médecin a fait des tests cutanés : il a déposé de petites gouttes de différents allergènes sur son avant-bras et a piqué légèrement la peau. Au bout de quinze minutes, des boutons rouges sont apparus pour les pollens de graminées et de platane. Le diagnostic était clair. Il l’a aussi prévenue que, sans traitement, une allergie pouvait parfois évoluer vers de l’asthme.
Depuis, Sophie a appris à vivre avec son allergie. Elle consulte chaque jour les bulletins de pollen sur Internet. Pendant les pics, elle aère son appartement tôt le matin ou tard le soir, quand il y a moins de pollens dans l’air. Elle se rince le nez avec du sérum physiologique, se lave les cheveux le soir pour ne pas mettre de pollen sur l’oreiller et porte des lunettes de soleil dehors. Elle prend aussi des antihistaminiques, qui ne la rendent plus somnolente comme les anciens médicaments.
Cette année, elle a commencé une désensibilisation : un traitement de trois ans, sous forme de comprimés à faire fondre sous la langue, qui habitue peu à peu le corps à l’allergène. Les premiers résultats sont encourageants. « Je ne dirais pas que j’aime le printemps, sourit-elle. Mais pour la première fois depuis des années, j’ai pu profiter d’un pique-nique au parc en avril. »