Un mardi de novembre, les vingt-six élèves de première du lycée Victor-Hugo de Poitiers ont pris le TGV très tôt pour Paris. Leur destination : l’Assemblée nationale, au palais Bourbon. Leur professeur d’histoire-géographie, M. Durand, avait obtenu cette visite grâce à la députée de leur circonscription, qui les avait invités.
À l’entrée, les contrôles de sécurité étaient aussi stricts qu’à l’aéroport. Puis un guide les a fait entrer dans les couloirs du palais, avec leurs tapis rouges, leurs dorures et leurs tableaux immenses. Les élèves ont découvert la bibliothèque, qui possède des manuscrits très anciens, et la salle des Quatre-Colonnes, où les journalistes attendent les députés pour les interviewer.
Le moment le plus attendu était la séance des questions au gouvernement, retransmise à la télévision. Depuis la tribune réservée au public, les élèves ont vu l’hémicycle, avec ses cinq cent soixante-dix-sept places disposées en demi-cercle. Ils ont été surpris par l’ambiance. « Je pensais que ce serait sérieux et calme, mais les députés criaient, applaudissaient ou protestaient pendant que les ministres parlaient », raconte Inès. Le guide a expliqué que ces séances sont souvent très animées, mais que l’essentiel du travail se fait en commission, loin des caméras.
Après la séance, la députée les a reçus pendant quarante-cinq minutes. Les élèves avaient préparé des questions. Comment devient-on députée ? Combien d’heures travaillez-vous par semaine ? Que pensez-vous de l’abstention des jeunes ? Elle a répondu franchement. Elle a expliqué qu’elle partage sa semaine entre Paris et sa circonscription, où elle rencontre les habitants, les maires et les associations.
Dans le train du retour, les discussions étaient animées. Plusieurs élèves, qui trouvaient la politique ennuyeuse, ont avoué avoir changé d’avis. Lucas, dix-sept ans, a décidé de s’inscrire sur les listes électorales dès ses dix-huit ans. « Avant, je pensais que voter ne servait à rien. Maintenant, j’ai compris que les lois qui changent notre vie se décident là-bas. Et je veux avoir mon mot à dire. »