Après les fêtes de fin d’année, entre le foie gras, la bûche de Noël et la galette des rois, Frédéric, quarante-sept ans, a constaté qu’il avait pris quatre kilos. Il se sentait lourd et fatigué. Au bureau, à Reims, plusieurs collègues parlaient d’une méthode à la mode : le jeûne intermittent. Il a décidé d’essayer.
Le principe le plus courant s’appelle « seize-huit ». On mange pendant une période de huit heures, par exemple entre midi et vingt heures, et on ne mange rien pendant les seize heures restantes. On peut boire de l’eau, du thé ou du café sans sucre. Concrètement, Frédéric a supprimé son petit-déjeuner et ses grignotages du soir devant la télé.
Les premiers jours ont été pénibles. Le matin, vers dix heures, il avait l’estomac qui gargouillait et il était irritable en réunion. Il avait mal à la tête et pensait sans cesse aux croissants de la boulangerie en bas de son bureau. Mais au bout d’une semaine, son corps s’est habitué. La faim du matin a disparu, et il a même eu l’impression d’être plus concentré.
Avant de commencer, Frédéric avait consulté son médecin, ce qui est recommandé. Celui-ci lui a expliqué que le jeûne intermittent n’est pas une solution miracle. Il peut aider certaines personnes à manger moins, mais il ne convient pas à tout le monde : il est déconseillé aux femmes enceintes, aux diabétiques sous traitement et aux personnes qui ont eu des troubles alimentaires. Surtout, il ne sert à rien si l’on mange n’importe quoi pendant les huit heures.
Après deux mois, Frédéric a perdu ses quatre kilos. Mais il reconnaît que ce n’est pas seulement grâce au jeûne. Il mange plus de légumes, il a réduit l’alcool et il va au travail à pied. Il n’est pas toujours strict : le dimanche, il prend un petit-déjeuner en famille. « Ce que j’ai surtout appris, c’est à écouter ma faim. Avant, je mangeais par habitude, pas parce que j’avais faim. »