Frédéric, cinquante-deux ans, cadre dans une banque à Strasbourg, ne s’était jamais vraiment inquiété de sa santé. Il ne fumait pas, il jouait au tennis de temps en temps, et il se considérait en bonne forme. C’est sa femme qui a insisté pour qu’il fasse un bilan complet chez son médecin traitant.
Une semaine après la prise de sang, le médecin l’a rappelé. Les résultats n’étaient pas catastrophiques, mais ils étaient inquiétants : trop de cholestérol, un taux de sucre dans le sang à la limite du diabète et des triglycérides élevés. « Si vous ne changez rien, vous risquez un vrai diabète dans quelques années, et des problèmes cardiaques », lui a expliqué le docteur. Elle lui a proposé de voir une diététicienne avant de commencer des médicaments.
Le premier rendez-vous a été un choc. La diététicienne lui a demandé de noter tout ce qu’il mangeait pendant une semaine. Frédéric s’est rendu compte qu’il mangeait beaucoup plus qu’il ne le pensait : des viennoiseries au bureau presque tous les matins, des repas d’affaires au restaurant trois fois par semaine, du fromage tous les soirs et un ou deux verres de vin. « Je n’avais pas l’impression de mal manger, parce que je mangeais français, traditionnel », dit-il en riant.
La diététicienne ne lui a pas imposé de régime strict. Elle lui a plutôt proposé des changements progressifs : remplacer les viennoiseries par un fruit et une poignée d’amandes, choisir du poisson ou un plat de légumes au restaurant, limiter le fromage à trois fois par semaine et cuisiner davantage de légumineuses, comme les lentilles et les pois chiches. Elle lui a aussi conseillé de marcher trente minutes par jour.
Trois mois plus tard, Frédéric a refait une prise de sang. Son cholestérol avait baissé et son taux de sucre était redevenu normal. Il avait perdu sept kilos. « Le plus difficile, ce n’était pas de renoncer aux croissants, c’était de changer mes habitudes au bureau. Maintenant, ce sont mes collègues qui me demandent mes recettes de lentilles ! »