Dans le grand appartement de la rue Sainte-Catherine, à Bordeaux, vivent quatre étudiants : Léna, Hugo, Inès et Malik. Pendant le premier semestre, la colocation fonctionnait plutôt bien. Mais en janvier, la situation s’est dégradée, et tout a commencé par une poêle.
Un lundi soir, Léna est rentrée de la bibliothèque et a trouvé l’évier plein de vaisselle sale. Au milieu, une poêle couverte de graisse attendait depuis trois jours. Elle a envoyé un message sur le groupe de la colocation : « Qui a laissé la poêle ? Ça fait trois jours ! » Personne n’a répondu. Le lendemain, la poêle était toujours là.
Le mercredi, la discussion a enfin eu lieu, dans le salon, et elle a été tendue. Léna a reproché aux garçons de ne jamais nettoyer la salle de bains. Hugo s’est défendu : « Je fais les courses pour tout le monde, ça compte aussi ! » Malik, lui, a avoué que la poêle était à lui, mais il a ajouté qu’il avait des partiels et qu’il n’avait pas eu le temps. Inès, qui déteste les conflits, essayait de calmer tout le monde.
Au bout d’une heure, ils se sont rendu compte que le problème n’était pas vraiment la poêle. Chacun avait l’impression d’en faire plus que les autres, parce qu’il n’y avait aucune règle claire. Inès a alors proposé une solution : un tableau des tâches accroché sur le frigo. Chaque semaine, les tâches tournent : la cuisine, la salle de bains, les poubelles et l’aspirateur. Celui qui ne fait pas sa tâche doit payer la pizza du vendredi soir pour tout le monde.
Trois mois plus tard, le système fonctionne. « Il y a encore des oublis, reconnaît Léna, mais au moins, on sait qui doit faire quoi, et on ne s’énerve plus. » Malik a payé la pizza deux fois. Depuis, il lave sa poêle le soir même.