Tous les samedis matin, depuis deux ans, Antoine, vingt-neuf ans, se lève à sept heures pour aller au refuge de la SPA, à la sortie de Rouen. Il travaille comme développeur informatique toute la semaine, assis devant un écran. « J’avais besoin de faire quelque chose d’utile avec mes mains, et de voir autre chose que des lignes de code », explique-t-il.
Tout a commencé après une période difficile. Antoine venait de se séparer de sa compagne et il se sentait seul dans son appartement. Une amie lui a parlé du refuge, qui cherchait toujours des bénévoles. Il a hésité, parce qu’il n’avait jamais eu d’animal, mais il a fini par remplir le formulaire.
Le travail n’a rien de glamour. Il faut nettoyer les box des chiens, changer les litières des chats, laver les gamelles et préparer la nourriture. « Les premiers samedis, je rentrais chez moi épuisé et je sentais le chien jusqu’au soir », raconte-t-il en souriant. Mais il y a aussi les promenades. Chaque bénévole sort plusieurs chiens dans les champs autour du refuge. Pour des animaux qui passent parfois des mois dans un box, ces moments sont essentiels.
Ce qui touche le plus Antoine, ce sont les histoires des animaux. Beaucoup ont été abandonnés au début de l’été, quand leurs propriétaires partaient en vacances. D’autres ont été retirés à des maîtres qui les maltraitaient. « Certains chiens ont peur de tout quand ils arrivent. Il faut des semaines pour qu’ils acceptent une caresse. »
Son plus beau souvenir ? Un vieux berger allemand, Oscar, que personne ne voulait adopter à cause de son âge. Antoine s’en est occupé chaque samedi pendant un an. Un jour, un couple de retraités est venu au refuge et a choisi Oscar. « J’ai pleuré comme un enfant. J’étais triste de le perdre, mais tellement heureux pour lui. »
Aujourd’hui, Antoine encourage ses collègues à le rejoindre. Deux d’entre eux viennent déjà avec lui, un samedi sur deux.