En septembre dernier, Amandine, vingt-neuf ans, a quitté Lille, sa ville natale, pour un poste de responsable logistique dans une entreprise de Marseille. C’était une belle promotion, avec un salaire bien meilleur. Mais elle ne connaissait personne dans le sud et n’avait jamais vécu loin de sa famille.
Les premières semaines ont été un tourbillon. Il fallait trouver un appartement, ouvrir les compteurs, inscrire sa voiture et découvrir un nouveau travail. Au bureau, tout allait vite. Elle devait mémoriser des dizaines de noms, comprendre les habitudes de l’équipe et se faire accepter. Son prédécesseur était parti en laissant des dossiers en désordre. « Le soir, je rentrais vidée. Je mangeais des pâtes devant la télé et je m’endormais à vingt et une heures. »
Le plus dur, c’était la solitude. Le week-end, elle ne savait pas quoi faire. Ses collègues étaient sympathiques, mais ils avaient leur famille et leurs amis. Elle appelait sa mère tous les soirs. En octobre, elle a même pensé à démissionner. « Je me demandais si j’avais fait une erreur. »
C’est une collègue, Fatou, qui l’a aidée à sortir de l’isolement. Elle l’a invitée à un match de l’OM au Vélodrome, puis à une randonnée dans les calanques avec un groupe d’amis. Amandine s’est aussi inscrite dans un club d’escalade, où elle a rencontré d’autres nouveaux arrivants. Petit à petit, son agenda s’est rempli.
Au travail aussi, les choses se sont arrangées. Elle a remis de l’ordre dans les dossiers et proposé une nouvelle organisation des livraisons qui a fait gagner du temps à toute l’équipe. Sa directrice l’a félicitée lors de l’entretien de fin de période d’essai.
Aujourd’hui, un an après son arrivée, Amandine se sent chez elle. Elle a adopté l’accent et quelques expressions locales, et elle nage dans la mer jusqu’en novembre. « Il faut se donner du temps. Les six premiers mois, on survit. Après, on commence à vivre. »