Samedi matin, la salle d’attente de la clinique vétérinaire du quartier Saint-Michel, à Toulouse, était pleine. Il y avait un berger australien qui tirait sur sa laisse, un lapin dans une cage, un perroquet qui répétait « Bonjour ! » toutes les trente secondes et, sur les genoux de Mathieu, une caisse de transport en plastique d’où sortaient des miaulements plaintifs.
Dedans, il y avait Pacha, son chat roux de douze ans. Depuis trois jours, Pacha ne mangeait presque plus, buvait énormément et dormait toute la journée. Mathieu, qui vit seul, était très inquiet. Pacha était le seul souvenir qui lui restait de sa mère, morte deux ans plus tôt.
À côté de lui, une dame âgée tenait un petit chien blanc dans ses bras. Elle a remarqué l’air soucieux de Mathieu et a engagé la conversation. « C’est la première fois que vous venez ici ? Vous verrez, le docteur Ferrand est formidable. Elle a sauvé ma Lola l’année dernière. » Elle lui a raconté que sa chienne avait avalé une chaussette entière et qu’il avait fallu l’opérer en urgence. Malgré lui, Mathieu a souri.
Un jeune homme, de l’autre côté de la salle, attendait avec un chat noir pour un simple vaccin. Il a demandé à Mathieu quels étaient les symptômes de Pacha. Quand Mathieu les a décrits, le jeune homme a hoché la tête. « Mon ancien chat avait exactement la même chose. C’était les reins. Avec un traitement, il a vécu encore cinq ans. » Mathieu ne savait pas s’il devait être rassuré ou encore plus inquiet.
Enfin, la vétérinaire a appelé : « Pacha ? » Elle a examiné le chat avec beaucoup de douceur, l’a pesé et lui a fait une prise de sang. Les résultats sont arrivés une heure plus tard. Le jeune homme avait vu juste : Pacha souffrait d’une insuffisance rénale, une maladie fréquente chez les chats âgés. Ce n’était pas guérissable, mais on pouvait la ralentir avec une alimentation spéciale et des médicaments.
En sortant, Mathieu a croisé la dame âgée, qui attendait encore. Il lui a dit que Pacha allait vivre. Elle lui a serré la main. « Vous voyez ? Je vous l’avais dit. »