Pendant trois ans, Margaux a laissé pousser ses cheveux. Ils lui arrivaient presque au milieu du dos, et elle en était très fière, même si elle passait un temps fou à les sécher le matin. Mais avant le mariage de sa meilleure amie, à Lyon, elle a voulu les rafraîchir un peu. Sa coiffeuse habituelle était en congé maternité, alors elle a pris rendez-vous dans un nouveau salon qui venait d’ouvrir dans son quartier.
Le coiffeur, un jeune homme très sûr de lui, l’a accueillie avec enthousiasme. Margaux a été très claire : « Je voudrais juste couper les pointes, deux ou trois centimètres maximum. Je veux garder ma longueur. » Il a hoché la tête. « Pas de souci. Mais vous savez, avec votre visage, un carré plongeant vous irait très bien... » Margaux a ri poliment et a répété : « Non, merci, juste les pointes. »
Après le shampoing, le coiffeur a commencé à couper en parlant sans arrêt de ses vacances à Ibiza. Margaux, qui n’avait pas ses lunettes, ne voyait pas grand-chose dans le miroir. Elle se sentait détendue. C’est seulement quand il a sorti le sèche-cheveux qu’elle a vu une énorme quantité de cheveux par terre. Son cœur s’est arrêté.
Quand elle a mis ses lunettes, elle n’en a pas cru ses yeux. Ses cheveux arrivaient aux épaules. Il avait coupé au moins vingt centimètres ! « Vous voyez, ça vous donne beaucoup plus de volume », a dit le coiffeur, fier de lui. Margaux avait envie de pleurer, mais elle n’arrivait pas à parler.
À la caisse, elle a enfin trouvé le courage de dire qu’elle n’était pas satisfaite et qu’elle avait demandé tout autre chose. Le gérant du salon s’est excusé et a refusé qu’elle paie la coupe. Il lui a aussi offert un soin pour ses prochaines visites, mais Margaux savait déjà qu’elle ne reviendrait pas.
Le plus ironique ? Au mariage, tout le monde lui a fait des compliments sur sa nouvelle coupe. Sa grand-mère lui a même dit qu’elle faisait dix ans de moins. Margaux a souri, mais elle a déjà commencé à laisser repousser ses cheveux.