Il y a un an, la famille Lambert a pris une décision qui a surpris tous ses amis : vendre sa voiture. « On habitait à Grenoble, on avait un tram à deux cents mètres de chez nous, et la voiture restait au parking six jours sur sept », explique Hélène, quarante et un ans, mère de deux enfants. Son mari, Olivier, était plus sceptique. « J’avais peur qu’on se sente prisonniers, surtout le week-end. »
Les premières semaines ont été un apprentissage. Il a fallu réorganiser les courses : au lieu d’un grand plein au supermarché chaque samedi, la famille fait maintenant de petites courses deux ou trois fois par semaine, à vélo, avec une remorque. Les enfants, qui ont onze et huit ans, vont à l’école à pied ou à vélo. « Au début, ils râlaient quand il pleuvait. Maintenant, ils ne demandent même plus qu’on les emmène », raconte Hélène en riant.
Pour les trajets plus longs, les Lambert ont trouvé des solutions. Ils utilisent un service d’autopartage : une voiture garée dans le quartier qu’on réserve sur une application, à l’heure ou à la journée. Pour les vacances, ils prennent le train, même si ce n’est pas toujours bon marché pour quatre personnes. « Quand on veut aller dans un village de montagne mal desservi, c’est plus compliqué, reconnaît Olivier. Mais on loue une voiture deux ou trois fois par an, et ça suffit. »
Le bilan financier est clair. Entre l’assurance, l’essence, l’entretien et le parking, leur voiture leur coûtait environ quatre mille euros par an. Aujourd’hui, ils dépensent moins de la moitié pour les transports, autopartage et billets de train compris.
Y a-t-il des inconvénients ? « Il faut tout prévoir à l’avance, on perd en spontanéité », admet Hélène. Mais ni elle ni son mari ne voudraient revenir en arrière. « On marche plus, on est en meilleure forme, et on a l’impression de faire quelque chose de concret pour la planète », conclut Olivier, qui a été converti.