Tomasz est polonais. Il travaille depuis six mois comme soudeur dans une grande usine près de Dunkerque. En février, ses collègues lui ont dit : « Ce week-end, tu viens au carnaval avec nous ! » Tomasz ne savait pas à quoi s’attendre.
Le dimanche matin, son collègue Freddy est venu le chercher. Il portait une perruque rose, une robe à fleurs, des collants et un parapluie coloré. « Ici, au carnaval, les hommes s’habillent en femmes ! C’est la tradition. » Il a prêté une vieille robe de sa grand-mère et un chapeau à Tomasz. Tomasz a beaucoup ri en se regardant dans le miroir.
Dans les rues, il y avait des milliers de personnes déguisées, qu’on appelle les « carnavaleux ». Ils marchaient derrière une fanfare et ils chantaient des chansons en patois. Tout le monde se tenait par les bras et avançait en groupe serré, en poussant très fort. C’était un peu effrayant au début, mais très joyeux.
Le moment le plus fou, c’était le « jet de harengs ». Devant la mairie, le maire et des élus ont lancé des centaines de harengs fumés emballés dans du plastique depuis le balcon. La foule essayait de les attraper. Tomasz en a attrapé un !
Le soir, épuisé, Tomasz a envoyé une photo à sa famille en Pologne. Sa mère a répondu : « Qu’est-ce que tu fais avec une robe ?! »